Le binge drinking, ou quand boire ne sert plus à faire la fête
Il y a des moments où l'alcool accompagne un instant.
Et d'autres où il prend toute la place.
Le binge drinking, c'est ce moment où boire ne rime plus vraiment avec plaisir, mais avec excès.
Boire vite, boire beaucoup, boire pour se sentir ivre plus rapidement.
On parle de binge drinking lorsqu'on consomme une grande quantité d'alcool sur un temps très court, avec un objectif implicite (ou très clair) : l'ivresse.
Ce n'est pas un trouble en soi, mais un comportement à risque, particulièrement fréquent chez les adolescents et les jeunes adultes.
Concrètement, selon les repères actuels, cela correspond à :
- 4 verres ou plus pour une femme
- 5 verres ou plus pour un homme
- en moins de 2 heures
Ce critère de durée est essentiel.
Parce que boire vite et beaucoup, ce n'est pas anodin : c'est demander au corps - et surtout au cerveau - d'absorber trop, trop rapidement.
Ce que ça fait sur le moment (et ce qu'on ne voit pas tout de suite)
Sur le moment, le binge drinking peut provoquer :
- des trous de mémoire,
- des nausées, des malaises,
- une perte de contrôle
- des décision qu'on ne prendrait pas autrement,
- parfois des situations dangereuses pour soi et pour les autres (accidents, agressions, rapports non consentis).
Et puis, il y a l'après.
Quand ces épisodes se répètent, ils peuvent laisser des traces plus durables.
- fatigue,
- anxiété,
- humeur plus fragile,
- relation compliquée à l'alcool,
- impact sur la santé mentale et physique.
L'alcool peut donner l'impression de détendre sur le moment, mais à long terme, il est dépressiogène.
Ce qu'il soulage brièvement, il l'entretient parfois ensuite.
La tolérance : pourquoi il en faut toujours plus
A force de répéter ces consommations, le corps s'adapte.
On parle alors de tolérance.
Cela signifie que :
- les mêmes quantités font moins d'effet,
- ou qu'il faut boire davantage pour ressentir la même chose.
C'est un mécanisme biologique normal, lié à l'adaptation du cerveau.
Mais il a un revers : après une période d'arrêt ou de réduction, reprendre ses anciennes quantités expose à un risque plus élevé d'intoxication.
Comprendre ça, c'est aussi arrêter de se dire "je gère" quand le corps, lui, encaisse de plus en plus difficilement.
Prévenir, ce n'est pas interdire
Prévenir le binge drinking, c'est apprendre à s'écouter, à mieux comprendre ce qui se joue, et à élargir ses options.
Quelques repères simples :
- alterner alcool et boissons sans alcool,
- manger avant et pendant la soirée,
- prendre son temps,
- éviter les jeux d'alcool,
- veiller les uns sur les autres,
- accepter que ralentir, dire non ou s'arrêter soit totalement OK.
L'OMS le rappelle : aucun niveau de consommation d'alcool n'est totalement sans risque.
En France, les recommandations actuelles sont claires : Maximum 2 verres par jour, pas tous les jours.
Sources :
Bonsu, L., Kumra, P., Awan, A., & Sharma, M. (2024). A systematic review of binge drinking interventions and bias assessment among college students and young adults in high-income countries. Global mental health (Cambridge, England), 11, e33. https://doi.org/10.1017/gmh.2024.24
Kang, J., Park, S. H., Khanam, M., Park, S. B., Shin, S., & Seo, W. (2025). Impact of binge drinking on alcoholic liver disease. Archives of pharmacal research, 48(3), 212–223. https://doi.org/10.1007/s12272-025-01537-1
Lannoy, S., Duka, T., Carbia, C., Billieux, J., Fontesse, S., Dormal, V., Gierski, F., López-Caneda, E., Sullivan, E. V., & Maurage, P. (2021). Emotional processes in binge drinking: A systematic review and perspective. Clinical psychology review, 84, 101971. https://doi.org/10.1016/j.cpr.2021.101971
Radke, A. K., Sneddon, E. A., Frasier, R. M., & Hopf, F. W. (2021). Recent Perspectives on Sex Differences in Compulsion-Like and Binge Alcohol Drinking. International journal of molecular sciences, 22(7), 3788. https://doi.org/10.3390/ijms22073788
Numéros utiles :
Si l'alcool, le stress ou la tristesse prennent trop de place, il existe des ressources gratuites et confidentielles :
- Alcool Info Service : 0 980 980 930 - Service national d'information, d'écoute et d'orientation, numéro gratuir
- 31 14 - numéro gratuit, permet d'échanger auprès de professionnels de santé mentale