Boire pour gérer le stress : pourquoi ça ne fonctionne pas ?

Beaucoup d'entre nous ont déjà vécu cette scène : une soirée où l'on se sent un peu tendu, gêné, pas complètement à l'aise. Alors, presque instinctivement, on se sert un verre. 
"Avec un verre, je vais me sentir bien."
"Avec un verre, je vais oser aller danser."
"Avec un verre, j'aurais moins d'angoisse."

Et c'est vrai : sur le moment, l'alcool semble réduire l'anxiété. On rumine moins et on se sent plus sociable. C'est même parfois ce qui permet de sortir alors que l'on se sentait trop anxieux pour le faire. 

Mais ce mécanisme, même s'il semble aider à court terme, devient problématique à long terme. Et voici pourquoi. 

Le rôle fonctionnel de l'alcool : un soulagement… qui piège

Si ce réflexe s'installe, ce n'est pas un hasard. En psychologie, on parle de renforcement négatif (R-) : l'alcool fait disparaître une émotion désagréable (stress, gêne, ruminations…), donc le cerveau apprend rapidement que "boire = soulagement". Il finit même par réclamer l'alcool avant que l'anxiété monte. 

Mais ce soulagement est temporaire et présente des effets opposés à long terme : 

  • Tolérance : il faut boire plus pour obtenir le même effet apaisant.
  • Conditionnement émotionnel : le cerveau associe "stress = boire", ce qui augmente le risque d'usage automatique.
  • Impact sur le sommeil : l'endormissement est plus rapide, mais le sommeil est très fragmenté et de mauvaise qualité, ce qui augmente… le stress.
  • Effet dépressogène : l'alcool réduit la sérotonine à long terme et augmente l'irritabilité, la tristesse et l'anxiété. 

Là où l'alcool "déstresse" sur le moment, il aggrave les symptômes dans la durée. 

Des alternatives qui fonctionnent vraiment

La bonne nouvelle ? Il existe des stratégies qui apaisent réellement le système nerveux sans aggraver le stress. 

✔️ La respiration

Ce n'est pas un cliché : les techniques de respiration sont parmi les plus rapides pour calmer le système nerveux. 

Des applications comme "Respirelax" et d'autres guident des exercices simples et efficaces pour réduire la charge anxieuse en quelques minutes. 

✔️ Les mocktails

Pour garder le plaisir et les rituels sociaux sans en subir les conséquences.

C'est ludique, convivial, et cela permet de dissocier "sortir" de "boire". 

✔️ Le mouvement… même doux

Pas besoin de sport intense. La marche, par exemple, a un effet anxiolytique. 

Marcher 10 à 30 minutes : 

  • régule le cortisol (hormone du stress)
  • améliore l'humeur,
  • aide à "décharger" les tensions corporelles

Une balade avant une soirée ou le lendemain d'un événement social peut réellement aider à stabiliser l'anxiété, sans effet rebond. 

Conclusion

L'alcool peut donner l'impression d'apaiser sur le moment, mais il entretient, et parfois déclenche, l'anxiété et la tristesse qu'on cherche justement à éviter. 

Comprendre le mécanisme permet de reprendre le contrôle, d'adopter des stratégies plus saines et plus efficaces et de sortir du piège du "verre pour aller mieux". 

 

Sources : 

National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism. (2025). Neuroscience: The brain in addiction and recovery. National Institutes of Health.
https://www.niaaa.nih.gov/health-professionals-communities/core-resource-on-alcohol/neuroscience-brain-addiction-and-recovery

Li, T.-K., & Lumeng, L. (2001). Serotonergic dysfunction, negative mood states, and response to alcohol. Alcoholism: Clinical and Experimental Research, 25(4), 485–486.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11329486/

Smith, M. A., & et al. (2023). The effects of alcohol on anxiety-like, depression-like, and social behavior immediately and a day after binge drinking. Neuroscience.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37236432/

SFA (2025). Alcool et sommeil – fiche synthétique. Société Française d’Alcoologie.
https://sfalcoologie.fr/wp-content/uploads/Fiche-Synthetique-Alcool-et-sommeil-corrige-PAG.pdf 

Ungvari, Z., Fazekas-Pongor, V., Csiszar, A., & Kunutsor, S. K. (2023). The multifaceted benefits of walking for healthy aging: from Blue Zones to molecular mechanisms. GeroScience, 45(6), 3211–3239. https://doi.org/10.1007/s11357-023-00873-8 

Xu, Z., Zheng, X., Ding, H., Zhang, D., Cheung, P. M., Yang, Z., Tam, K. W., Zhou, W., Chan, D. C., Wang, W., & Wong, S. Y. (2024). The Effect of Walking on Depressive and Anxiety Symptoms: Systematic Review and Meta-Analysis. JMIR public health and surveillance, 10, e48355. https://doi.org/10.2196/48355 

Numéros utiles : 

Si l'alcool, le stress ou la tristesse prennent trop de place, il existe des ressources gratuites et confidentielles : 

  • Alcool Info Service : 0 980 980 930 - Service national d'information, d'écoute et d'orientation, numéro gratuit
  • 31 14 - numéro gratuit, permet d'échanger auprès de professionnels de la santé mentale 

Découvrir d'autres actualités